Les calendriers de pêche répètent la même phrase : ouverture des carnassiers le dernier samedi d’avril, fermeture le dernier dimanche de janvier, brochet, sandre et black-bass dans le même sac. J’ai même vu cette fermeture annoncée au 25 janvier 2027, qui est un lundi. Un carpiste m’a ressorti tout ça au téléphone en février, et j’ai relu les articles pour lui répondre juste. Le sandre n’y est pas. Le black-bass non plus.
Le code de l’environnement fixe huit périodes pour l’eau douce française et ne ferme que trois groupes d’espèces. Le reste sort de l’arrêté préfectoral de ton département, refait chaque année, qui peut fermer davantage et presque jamais ouvrir plus. Et sur mon étang, à Clémont, rien de tout ça ne s’applique.
Les huit périodes d’ouverture de la pêche que fixe le code
Tout tient dans six articles, R436-6 à R436-11, le premier dans sa version issue du décret du 30 juillet 2021. Aucune n’est un jour du calendrier : ce sont des rangs, deuxième samedi de mars, troisième dimanche de septembre. La date bouge chaque année, la règle non, et c’est ainsi qu’un calendrier recopié d’une saison sur l’autre finit par dater une fermeture un lundi.
Deux régimes se partagent l’eau libre. En première catégorie, celle de la truite, tout ferme de fin septembre à mars. En deuxième, on pêche toute l’année, sauf les trois groupes que le tableau isole. Le classement de ton parcours se lit dans le même arrêté que les dates.
| Ce qui est concerné | Eaux | Période ouverte |
|---|---|---|
| Toutes espèces | 1re | du 2e samedi de mars au 3e dimanche de septembre |
| Ombre commun | 1re | du 3e samedi de mai au 3e dimanche de septembre |
| Toutes espèces | 2e | toute l’année |
| Brochet | 2e | du 1er janvier au dernier dimanche de janvier, puis du dernier samedi d’avril au 31 décembre |
| Ombre commun | 2e | du 3e samedi de mai au 31 décembre |
| Truite fario, ombles, cristivomer | 2e | pendant l’ouverture de la 1re catégorie |
| Écrevisses autochtones et à pattes grêles | 1re et 2e | dix jours à partir du 4e samedi de juillet |
| Grenouilles verte et rousse | 1re et 2e | dix mois au plus, fixés par le préfet |
R436-13 borne aussi la journée : pas plus d’une demi-heure avant le lever du soleil, pas plus d’une demi-heure après son coucher. Pêcher la nuit tient à une exception préfectorale.
En première catégorie, le brochet se pêche pendant sa fermeture et se relâche
Le code ne lui accorde là aucune fermeture propre : la pêche ouvre au deuxième samedi de mars, brochet compris. Ce qu’il impose, c’est la remise à l’eau. Tout brochet capturé jusqu’au vendredi qui précède le dernier samedi d’avril retourne aussitôt dans l’eau.
Tu peux le prendre, pas le garder. Pendant ces six semaines, une épuisette large et un tapis de réception servent plus qu’un sac.
Le sandre et le black-bass ne sont fermés par aucun texte national
L’article R436-7 énumère les exceptions de la deuxième catégorie, et la liste s’arrête à trois : le brochet, l’ombre commun, les salmonidés d’eau froide. Personne d’autre. Le sandre, le black-bass, la perche, le silure, la carpe et le gardon n’ont aucune période de fermeture nationale.
Si on lit le contraire partout, c’est que la plupart des préfets ferment le sandre et le black-bass en même temps que le brochet, pour protéger leur reproduction. Fréquent ne veut pas dire général : le sandre fraie en avril, le black-bass en mai et juin, et deux départements voisins tranchent parfois différemment sur la même rivière.
Ce que ton préfet peut durcir, et le seul cas où il ouvre plus
R436-8 lui permet d’interdire une ou plusieurs espèces, sur les parties de cours d’eau ou de plans d’eau qu’il désigne et pour la durée qu’il fixe, quand les caractéristiques locales du milieu le justifient. La porte est large, et c’est par elle que passent les réserves et les fermetures d’espèce.
Dans l’autre sens, une seule ouverture, et elle est bornée. Le préfet peut prolonger d’une à trois semaines la période de la première catégorie, uniquement dans les plans d’eau, les parties de cours d’eau et les cours d’eau de haute montagne.
Ta date à toi est dans l’arrêté annuel de ton département, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture et repris par ta fédération départementale.
Ni les tailles légales, ni les quotas, ni les parcours mis en réserve, ni ce que ton arrêté a durci cette année. Elles posent le plancher commun, elles ne remplacent pas sa lecture.
En eau close, aucune de ces dates ne s’applique
La loi pêche couvre les cours d’eau, canaux, ruisseaux et plans d’eau, sauf ceux que vise l’article L431-4 : les étangs et réservoirs dans lesquels le poisson ne peut pas passer naturellement. Ceux-là ne relèvent que du chapitre sur la protection des milieux. Ni date d’ouverture, ni fermeture du brochet, ni taille légale.
Chez moi, trois hectares et un dixième, six postes au maximum, une source et du ruissellement pour toute alimentation : je décide de mes dates. J’ouvre mes postes à la mi-avril et j’arrête fin octobre, parce que l’eau se refroidit et que les carpes ne mangent plus, pas parce qu’un texte me le demande.
De quel côté tombe ton plan d’eau, c’est la configuration des lieux qui le dit : elle doit faire obstacle au passage du poisson, hors événement hydrologique exceptionnel. Une grille vissée sur le moine n’y suffit pas. Tu peux aussi demander volontairement l’application de la loi pêche à ton étang, pour cinq ans au minimum : même là, l’article R436-9 écarte les périodes d’ouverture. Un doute se règle à la direction départementale des territoires, et la réponse se lit sur l’amont et l’aval, jamais sur le grillage.